INFOS DE DERNIÈRE MINUTE !

25/05/2018

L’Irlande face à l’avortement

A l’heure où j’écris ces lignes, il est toujours impossible de savoir qui, du camp du ouiou du nonà la légalisation de l’avortement en Irlande l’emportera. La bataille publique a fait rage ces dernières semaines autour de cette question dans le vert pays, avec aussi tous ses excès ; nous les avons connus en d’autres temps dans notre hexagone. Tant mieux, dans un premier temps, dans la mesure où elle signifie déjà l’intérêt que les Irlandais ont porté à l’affaire. Les excès, eux, se focalisent bien souvent sur des situations particulières ou sur des simplifications qui ont tendance à biaiser le débat en alimentant la dimension affective au détriment de la part réflexive nécessaire. Nous avons trouvé les mêmes errements lors de la question du mariage pour tous(« mieux vaut un enfant dans un couple homosexuel qui s’aime qu’un enfant maltraité au sein d’une couple hétérosexuel ») et nous les retrouvons actuellement sur les questions éthiques abordées par le présent gouvernement (« mourir dans la dignité », « si la personne souffre, il vaut mieux pour elle de mourir », « donner la mort par amour », etc.). Si ces excès sont inévitables, il conviendrait toutefois à ceux dont le métier est de faire l’information de se garder d’en faire les arguments malhonnêtes qui valident avant tout leurs propres convictions. 

Cependant, ce qui m’inquiète le plus dans les publications françaises sur ce référendum irlandais, c’est l’association Irlande catholique – Église – anti-IVG. Chaque commentaire que j’ai pu lire s’évertuait à rappeler que l’Irlande est un pays majoritairement catholique, ce qui est exact, et présentait les catholiques systématiquement dans la position du non, ce qui est faux (puisque les sondages donnent le ouimajoritaire, ce qui signifie qu’une majorité de catholiques s’apprête à voter oui). Chose également notable : autant l’Église espagnole s’était-elle engagée en son temps dans la bataille pour le non, évêques descendant dans la rue en tête de cortège, autant l’Église irlandaise a-t-elle été plus discrète sur la question. D’aucuns diront qu’il lui serait malvenu d’élever la voix après les scandales de pédophilie qui l’ont secouée. Je ne pense pas et je n’espère pas qu’il s’agisse de cela. La position de l’Église sur le sujet est connue. Seulement notre sage institution a mesuré que les consciences ont largement pris le virage de la post-modernité : en effet, il est non seulement inutile, mais fort dommageable de donner aujourd'hui, en tant qu’institution religieuse, une consigne de vote. Non seulement les consciences revendiquent une totale autonomie par laquelle, lorsqu’on cherche à les orienter dans une certaine direction, le choix de la direction opposée s’impose sans discernement, juste pour la satisfaction puérile d’affirmer sa liberté ; mais encore, donner une consigne de vote renforcerait l’image erronée d’une institution qui désirerait garder coûte que coûte la mainmise sur la bonne conscience de son troupeau : « ne pensez pas, nous avons déjà pensé pour vous ».

            En définitive, il me semble que, d’un côté comme de l’autre, partisans du ouicomme ceux du nonsont encore une fois passés à côté de la vraie question, par la faute même de ce mode de scrutin trop facilement binaire : quelles solutions sommes-nous prêts à envisager pour répondre aux situations délicates de ces femmes qui ne souhaitent pas garder leur enfant : quelles structures d’accompagnement, de réflexion, de reconstruction, de dialogue, une société peut-elle leur apporter ? Comment les aider à assumer leur décision (que le ouiou que le nonl’emporte) ? Quant aux hommes (on les oublie facilement, ceux-là !)… quelle part devraient-ils assumer par rapport à une telle décision ? Et quels efforts sommes-nous prêts à faire pour que la vie soit protégée ? Chaque partisan du nonserait-il prêt à assumer l’accueil, l’éducation et la scolarité d’un enfant qui lui serait confié jusqu’à sa majorité ? L’Église a-t-elle développé des lieux d’accueil en nombre suffisant pour ces enfants non désirés et pour leurs mères ? etc.

            La limite d’un référendum est d’obliger un peuple à répondre par ouiou par nonà une question qui ne peut se suffire de ce type de réponse. Est-ce vraiment tout ce que nos démocraties sont capables d’inventer pour résoudre une question anthropologique, philosophique, médicale, sociale et théologique ?

 

Père Sébastien +

22/05/2018

Quand la culture religieuse fout le camp…

 

Voici quelques semaines, un des responsables du mouvement En Marchedéclarait que « nos mères catholiques » devaient porter le voile en France dans les années 60. Il y a quelques jours, un député de ce même mouvement affirmait que dans certaines églises, les homélies étaient dites en latin ! Or, nos mères et nos grand-mères se couvraient certes à l’église, mais pas dans la rue avant Vatican II. Quant aux prêches, ils ne se font plus en latin dans nos églises depuis le concile de Tours  en l’an 813, soit sous le règne de Charlemagne ! Au-delà du ridicule de ces deux déclarations, il faut porter attention à ce qu’elles révèlent. 

 

Tout d’abord, elles montrent qu’obsédés par l’idée de ne pas stigmatiser l’Islam, certains responsables politiques n’hésitent pas à établir une confusion entre catholiques et musulmans. Une vision rigoriste de l’Islam imposerait aux femmes de se voiler ? L’Islam n’aurait donc que quelques décennies de retard sur la chrétienté ! En France, des imams prêchent en arabe dans les mosquées ? Inutile de s’en offusquer : il suffit d’affirmer que des prêtres catholiques intégristes prêchent en latin dans la France d’aujourd’hui ! Comment ne pas voir derrière cette banalisation par l’absurde, une forme d’excuse à l’égard de certaines dérives de l’Islam dans notre pays ? Et donc une forme d’aveuglement.

 

Ces propos soulignent ensuite que pour certains de nos responsables, toutes les religions se valent, et que ce qui les différencie n’est qu’une qu’affaire d’époque. Ainsi, plus tardivement confronté à la modernité, l’Islam aurait encore à abandonner des pratiques qui ont disparu il n’y a pas si longtemps dans le catholicisme. En d’autres termes, rassurez-vous, bonnes gens, un peu de patience et l’Islam rentrera dans le rang ! Sauf que porter un tel diagnostic erroné sur les rapports entre Islam et modernité revient notamment à rendre plus difficile la tâche des musulmans éclairés, ceux qui refusent que leur religion serve une vision rétrograde de la femme ou encourage un communautarisme incompatible avec l’intégration dans la société française.

 

La troisième observation interpelle plus directement les catholiques et porte sur la perte de culture religieuse dans nos sociétés. Nous pouvons jeter un regard navré sur les effets de la sécularisation, il n’en reste pas moins que l’ignorance en la matière est assez largement partagée, y compris par les catholiques. Où sont les journalistes qui ont réagi à ces bêtises ? Et nous, serions-nous capables de donner la réplique à de telles affirmations sans chercher sur Wikipedia ? Sur quelles connaissances pourrions-nous nous appuyer pour tordre le cou à ces âneries ? Or, ne pas réagir, c’est donner du crédit aux erreurs grossières. 

 

Nous voici renvoyés à notre propre ignorance. Dans une société assez largement déchristianisée, n’y a-t-il pas urgence pour les chrétiens à renforcer leur culture religieuse ? Ne devons-nous pas approfondir le peu de connaissances que nous avons en matière d’histoire de notre propre religion ? Pas seulement pour ne pas tomber dans de telles erreurs, mais aussi pour transmettre ce savoir, et être en mesure de répondre à ceux de nos amis que troubleraient de telles affirmations…

 

Bruno Voisin

11/05/2018

Une exhibition malsaine

 

Décembre dernier : c’est une Naomi, visiblement à bout de forces, qui appelle le SAMU à l’aide ; devant son incapacité à s’exprimer, son interlocutrice conclut à un canular ; sa réponse est ironique, déplacée, insultante et sèche ; finalement, il est donné à Naomi un autre numéro d’urgence qu’elle n’aura pas la force d’appeler. Quelques heures après, elle téléphone à sa famille, et est emmenée à l’hôpital où elle décède peu après.

Mercredi dernier, les journaux télévisés et radios ont abondamment publié la conversation téléphonique que Naomi avait eue avec une standardiste des urgences. Si effectivement ses réponses sont révoltantes et indignes d’un service d’accueil hospitalier, la manière dont ces bandes sonores ont été livrées en pâture à l’opinion publique est proprement scandaleuse. En effet, les voix n’ont pas été maquillées, permettant quasiment immédiatement l’identification de Naomi et de son interlocutrice, par leurs relations, leurs voisins, leurs collègues, leurs familles, leurs connaissances… L’attitude de l’hôtesse d’accueil a certes été clairement scandaleuse ; Naomi est peut-être effectivement décédée du retard de soin occasionné par le refus de prendre en charge immédiatement son appel ; mais faut-il pour autant livrer à une opinion publique, dont elle sait qu’elle ne manquera pas de crier haro sur le baudet, une personne qui, certes, a failli dans sa mission, mais n’en reste pas moins une femme, une voisine, une collègue, une épouse, une mère, etc. Il y a dans cette manière d’exhiber un document sans discernement, sans laisser de possibilité d’expression à la principale accusée (au moins par le biais de son avocat), sans le respect même de préserver son identité, comme une volonté de susciter une justice médiatique et populaire expéditive fondée avant tout sur l’émotion et sans le recul nécessaire, ni le discernement indispensable. 

Bien sûr, cela n’efface pas le fait qu’il y ait là une tragédie humaine, car la mort de Naomi estune tragédie. Bien plus que cela, c’est une tragédie scandaleuse dans la mesure où au moins une personne, dont la mission était d’accueillir la demande de Naomi, est  associée vraisemblablement d’une manière indirecte à sa mort. Mais à plus forte raison, puisqu’il s’agit précisément d’une tragédie scandaleuse, il appartient aux médias comme au peuple de ne pas ajouter un scandale au scandale. La justice a cette fonction que des faits, aussi scandaleux soient-ils, ne soient pas jugés sur le coup de l’émotion mais par un discernement et une impartialité nécessaire à toute démocratie. Non, il ne peut y avoir de justice médiatique ; non, il ne peut y avoir de justice expéditive populaire, sous peine de risquer le règlement de compte à OK corralen permanence, dès que l’on allume son poste de radio. La diffusion et rediffusion jusqu’à l’obsession de ce document me paraît risquer une dérive sociale dangereuse : le refus de comprendre en vue de poser un juste jugement, et se limiter à la facilité d’une l’accusation qui nécessairement aboutit à une condamnation sous le coup de l’émotion. Aussi, fallait-il exhiber ce document sans filets ? Ma réponse est clairement non : c’était indécent. Une simple synthèse impersonnelle qui aurait respecté l’anonymat etde la défunte etde son interlocutrice auraient été largement suffisante. Il appartient à la justice et seulement à elle de faire la suite du travail. 

 

 

Père Sébastien

08/05/2018

La mort d’un enfant

 

Un petit garçon est mort. Il n’avait pas deux ans. Il était atteint d’une maladie neuro-dégénérative non identifiée se manifestant par une détresse respiratoire qui le rendait incapable de survivre sans assistance. Dans l’incapacité de combattre le mal, l’hôpital de Liverpool où il se trouvait a souhaité mettre fin aux soins, en opposition avec les parents pour qui tout devait être tenté pour sauver leur enfant. Malgré le soutien du Pape et de l’Italie qui proposaient d’accueillir l’enfant dans un hôpital de Rome, la Justice britannique a donné tort aux parents.

 

D’un côté, il y avait donc l’Etat britannique - l’hôpital et la Justice - qui se sont en quelque sorte approprié l’enfant. De l’autre, ses parents qui ne pouvaient se résigner à l’impossible : l’acceptation de la mort programmée de leur fils. Faisaient-ils preuve d’une « obstination déraisonnable » ? Et s’il avait été traité ailleurs, l’enfant aurait-il survécu ? Nul ne le saura jamais. 

 

Il reste que cette affaire laisse un goût amer. D’abord parce qu’un enfant est mort après avoir été l’enjeu d’une longue bataille juridique. Ensuite, parce que les médecins dans leur incapacité à diagnostiquer avec précision le mal dont souffrait l’enfant, ne pouvaient qu’en traiter les symptômes et ont malgré tout refusé que d’autres prennent le relais. Enfin, parce que cela nous pose des questions sur le fait que nous avons les plus grandes difficultés à affronter la mort de personnes âgées en fin de vie, et davantage encore celle d’enfants malades en phase terminale. Car au fond, notre société technicisée à outrance nous conduit à refuser la mort d’où qu’elle vienne. 

 

Mais ce goût amer vient aussi des commentaires dont l’un des juges britanniques a accompagné son verdict : il a estimé que le père de l’enfant s’était « entiché » de son petit garçon et se laissait aller à « de ridicules sottises émotives ». Un père ne devrait pas aimer son propre fils à ce point, et manifester son émotion lorsque la vie de celui-ci est en cause ? Au-delà de la décision qu’il a prise, qu’un magistrat ait estimé utile de porter un jugement aussi ironique sur l’amour d’un père affrontant une telle épreuve nous fait douter qu’il ait jugé en toute sérénité… 

 

Cette affaire s’est déroulée en Grande-Bretagne pays qui, comme le nôtre, n’a pas légalisé l’euthanasie. Comme en Grande Bretagne, nous sommes confrontés à des affaires de ce type. Chaque fois, les batailles juridiques se transforment en batailles d’opinion qui, l’émotion aidant, simplifient à l’excès des situations complexes et rendent plus difficile encore le travail des juges. Or, parce qu’il s’agit de vie et de mort, parce que ces affaires mettent en cause notre humanité en ce qu’elle a de plus sensible, il nous faut faire preuve de la plus grande humilité avant de porter le moindre jugement sur ce que devrait faire un médecin ou un juge, comme sur ce que demandent des parents. Et difficile est la voie qui consiste à la fois à renoncer à être catégoriques et, dans le même temps, ne jamais relâcher notre attention pour les plus fragiles, pour la vie des plus fragiles et ce qu’elle a de sacré.

 

Bruno Voisin

17/04/2018

Un discours fondé et normatif

Lundi dernier, le chef de l’État s’est exprimé devant la Conférence des évêques de France par un long discours que l’on pourrait qualifier de « proposition de cadre républicain pour un dialogue avec l’Église ». Deux choses méritent d’être soulignées dans son allocution : d’abord, elle a un fondement solide, le Président de la République n’hésitant pas à faire référence à des figures philosophiques incontestables ; d’autre part, ce dernier se réapproprie la laïcité, non pas à frais nouveaux, mais dans l’intégrité qui lui avait été niée par certains de ses prédécesseurs. En effet, si Nicolas Sarkozy, en son temps, avait posé le concept d’une laïcité positive, il ne lui a avait ni donné les fondements philosophiques, ni la cadre juste pour que celle-ci soit clairement définie. D’autres personnages politiques, toujours sans poser le socle nécessaire au développement du concept défini par la loi de 1905, s’étaient limités à des petites phrases à l’emporte-pièce dont la facilité n’avait eu d’égal que leur succès auprès des idéologues sur le thème : « les curés feraient mieux de rester dans leurs sacristies ». Plus gênant (en outre pour un pays qui se veut le chantre des Droits de l’homme), l’éviction de représentants des religions du Conseil Consultatif National d’Éthique en 2013 semblait faire droit à ce raccourci humiliant et peu intelligent. Ici, rien de tout cela : Emmanuel Macron tend la main à l’Église de France (comme à toute expression religieuse légitime) en lui demandant l’expérience de sa sagesse, la continuité et même l’intensification de son engagement et en dernier lieu de garder l’expression de sa liberté.

Le Président de la République reconnaît donc tout d’abord à l’Église une certaine expertise de l’humanité (ainsi que l’avait exprimé Paul VI). Cette sagesse qui lui vient de plus de 4000 années d’histoire, de réflexions et d’interrogations sur ce qu’est l’homme peut et doit enrichir le débat commun sur des thèmes délicats comme les migrations et la bioéthique. Si cet apport au débat lui apparaît indispensable, le chef de l’État ne prétend pas pour autant s’y soumettre : car cette sagesse rencontre « la glaise du réel » et cette confrontation révèle qu’il n’existe pas de solution simple aux complexités humaines. Ainsi Emmanuel Macron jette-t-il les premiers fondements d’une laïcité en dialogue fructueux, le partage des incertitudes : la sagesse de l’Église confrontée à la complexité du monde et la parole de l’État inquiétée par la tension vers un idéal, ou une espérance.

Le chef de l’État a ensuite remercié longuement les catholiques pour leur engagement, dans un premier temps historiquement social (écoles, hôpitaux…), devenu à présent associatif : cette action militante est vue non seulement comme vitale, mais également exemplaire. Cependant, si une certaine époque a encouragé les catholiques à s’engager en politique, Emmanuel Macron regrette qu’aujourd'hui ceux-ci semblent plus dans la défiance du système politique que dans la volonté d’y participer. En reconnaissant la large part des citoyens catholiques dans la construction de la République comme de l’Europe, il demande donc aux catholiques de ne pas rester au seuil mais d’enrichir par les valeurs qui portent en leur cœur la fragilité de l’homme les institutions républicaines.

Enfin, Emmanuel Macron a demandé à ce que l’Église ne renonce pas à sa liberté de parole. S’il a tenu d’abord a souligné l’importance de celle-ci dans l’expression artistique, il a ensuite exprimé sa satisfaction des espaces de dialogue que l’Église ouvre avec les autres religions, mais aussi avec les recherches philosophiques ou sociologiques. Il appelle enfin l’Église à réaffirmer sans cesse, à temps et à contretemps, la soif d’absolu qui habite le cœur de tout homme et lui confère sa pleine dimension.

Trois dimensions, belles et nobles, sont ainsi proposées à l’Église qui porte depuis 1965 cette exigence de dialogue dans ses institutions. Le Chef de l’État, appelle donc la République et l’Église à « l’inconfort d’un dialogue qui repose sur la disparité de nos natures », mais un dialogue nécessaire car ces deux institutions obéissent à une fin commune : « la dignité et le sens ».

 

Père Sébastien +

17/04/2018

Au risque de tout perdre…

 

Il aura fallu qu’un homme meure après avoir pris la place d’une otage pour que, l’espace de quelques jours, la France s’interroge sur le sens de l’engagement jusqu’au sacrifice ultime. Il aura fallu que commence une grève qui va désorganiser trois mois durant la vie de centaines de milliers de nos concitoyens pour que ce sacrifice soit oublié et que - sans s’écouter vraiment - l’on parle d’avantages acquis et d’équité, d’intérêt général et d’intérêts catégoriels…

 

Dans le premier cas, un homme seul, en raison de l’uniforme qu’il porte, de la haute idée qu’il se fait de sa mission de protection de la vie des autres, de sa conception de l’honneur, n’hésite pas un instant et accepte le risque de tout perdre. Dans le second, un groupe professionnel défend ses intérêts et l’idée qu’il se fait de son entreprise en faisant payer à la collectivité le prix élevé de son combat parce qu’il refuse de perdre la moindre parcelle de ses prérogatives. 

 

Dans le premier cas, des hommes portant l’uniforme sont en première ligne dans un combat qui n’est pas seulement celui de la protection des victimes, mais oppose une certaine conception de la civilisation à la barbarie. Dans le second, des hommes sont tétanisés à l’idée de devoir changer le modèle économique d’une entreprise publique qui, depuis des décennies, accumule les dettes et les erreurs stratégiques au point d’avoir négligé sa mission première : transporter quotidiennement des millions de passagers dans des conditions satisfaisantes de confort et de fiabilité.

 

Serions-nous si vite retombés dans nos égoïsmes, dans l’aveuglement face aux défis du monde pour nous plonger dans les délices bien français d’une grève longue et du rêve d’un grand soir révolutionnaire ? Notre société est-elle riche au point de se payer le luxe de trois mois de désorganisation de notre vie sociale et économique ? 

 

L’un des aspects les plus frappants dans le traitement de cette grève réside dans la tendance des médias comme de nos politiques à réduire chaque camp à une posture caricaturale. Les grévistes n’auraient pour seul objectif que la défense de « privilèges indus ». Le gouvernement n’aurait d’autre visée que de « détruire le service public ». 

 

Or, cela est plus complexe. D’un côté, il y a la peur d’un changement remettant en cause des habitudes, et donc susceptible d’entraîner une certaine souffrance sociale. Au point de faire passer au second plan la notion même de service public. De l’autre, il y a la conscience aigüe de la nécessité d’un changement trop longtemps différé, et la volonté d’y parvenir. Tout cela méritait mieux que des invectives.

 

Il est, en effet, urgent d’inventer un nouveau modèle de service public ferroviaire répondant aux exigences de notre société qui a profondément changé. Le travail est devenu plus mobile, le marché de nos artisans et de nos entrepreneurs n’est plus seulement local, mais global. Nos villes s’étendent au point de conduire nombre de salariés à vivre à plus de 100 kilomètres de leur lieu de travail. Tout cela implique des moyens de transport collectifs adaptés et fiables. Mais pour relever ce défi, encore faudrait-il dialoguer, s’écouter et accepter des concessions. Et, au final, prendre le risque de perdre seulement quelques habitudes…

 

Bruno Voisin

01/04/2018

Une vie en vaut-elle une autre ?

 

Un échange d’otage est-il simplement un échange de vie ? En proposant de remplacer une femme détenue par un terroriste, le Lieutenant-Colonel Beltrame a-t-il juste opéré une substitution sur le principe d’une vie en échange d’une autre ? Certainement pas. C’est d’ailleurs là toute la grandeur de son geste. Considérer que deux vies auraient simplement été échangées conduirait à deux erreurs dangereuses. La première serait de croire que la vie serait une valeur objective que l’on pourrait ainsi s’échanger ou comptabiliser ; le livre sombre « J’irai cracher sur vos tombes » de Boris Vian obéit à ce principe terroriste : peu importe la vie ôtée, l’essentiel est qu’il y ait plus de morts chez vous que chez nous ; et c’est effectivement le premier principe du bilan terroriste : un mort d’un côté (le terroriste), quatre de l’autre = solde positif. Le deuxième danger serait d’enfermer la personne sauvée dans l’acte accompli pour la sauver. Le Lieutenant-Colonel Beltrame n’a pas cherché à être redevable de qui que ce soit, ni à faire un coup d’éclat qui inscrirait son nom dans la vie d’une autre personne. Cette interprétation de l’échange serait psychologiquement dramatisante et perverse ; je repense ainsi à tel aumônier incapable de citer autre chose à ses lycéennes que l’exemple d’une de ses élèves assassinée pour avoir refusé d’être abusée (on peut penser également aux scènes initiales et finales du film « Il faut sauver le soldat Ryan » tournées dans le cimetière américain de Colleville). Non, la vie ne saurait être réductible à une valeur que l’on pourrait échanger ou comptabiliser, car toute vie est promesse d’infini. Et l’infini ne se quantifie pas, ne se mesure pas, ne se réduit pas. Alors, si ce n’est pas un échange, comment qualifier autrement ce geste par lequel un officier de gendarmerie s’est substitué à une otage ?

            Ces jours de Pâques nous replacent face à ce qu’on pourrait appeler une vérité fondamentale : il n’est de vie que donnée. Je suis un vivant dans la mesure où je donne ma vie ; je suis mort quand je la retiens. Je suis libre et suprêmement libre quand je fais de ma vie un don, non pas pour une grande cause, – car cela pourrait déboucher sur le fanatisme, mais pour que d’autres en vivent. La vie n’est vie que lorsqu’elle s’offre au plus grand nombre, pour que ce grand nombre devienne à son tour vivant, c’est-à-dire qu’il surmonte sa crainte, légitime, d’offrir sa vie. La question posée en tête n’a pas de sens : non, une vie n’en vaut pas une autre ; ce sont nos vies données et reçues qui la font jaillir et lui confèrent son unique richesse. Le Christ n’échange pas sa vie contre les nôtres ; il va bien au-delà : il nous introduit dans un mouvement, le souffle de la vie. Il ne retient pas sa vie, il la donne (« ceci est mon corps », « ceci est mon sang ») ; et il en fait un don pour l’avenir de l’humanité : il n’y aura d’hommes que dans ce souffle, que si nous donnons notre vie les uns pour les autres, comme le Christ nous l’a révélé. Ce mouvement, s’il n’est pas une illusion, appelle l’infini. Il est espérance, car il me fait porter l’humanité entière dans sa promesse d’éternité, sans que je sois absolument sûr que la chaîne ne sera pas un jour rompue. Il est foi, car il exige l’adhésion de tout notre être ; sans cela, il ne serait que mensonge pervers ou caricature. Il est amour car il passe par le don de soi au nom de tous les autres ; si un seul est exclu, c’est tous qui le sont. Placés face à la croix, il nous appartient de décider, c’est-à-dire d’engager nos vies à la suite du Christ ou de les retenir. Mais entrer dans ce mouvement de réception et d’offrande de soi est le seul moyen qui nous soit donné de déchiffrer les caractères, inscrits au plus profond de nous-mêmes, et au-delà de nous-mêmes, du nom de celui que l’on appelle Dieu.                                                                                                                

Père Sébastien

 

11/03/2018

Les femmes dans l’Eglise, de la servitude au service ?

 La révolte gronde dans les couloirs du Vatican ! Ce n’est pas un article tiré de la presse à scandale mais le supplément féminin du très officiel quotidien de la Papauté, «L’Osservatore Romano » qui le révèle. Il a publié, voici quelques jours, une enquête consacrée au travail quotidien des religieuses au Vatican. Et la réalité n’est pas très glorieuse : services domestiques multiples, journées interminables, rémunération aléatoire… Au point que circule sur les réseaux sociaux un « Manifeste des femmes pour l’Eglise », et qu’à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, ce 8 mars, a été organisée à Rome une conférence sur le thème « Pourquoi les femmes comptent »…

 De nombreuses sœurs se plaignent de n’avoir aucune reconnaissance, ni personnelle, ni professionnelle, les missions qui leur sont assignées n’ayant que peu de rapport avec leur formation et leur expérience. Des religieuses titulaires d’un doctorat en théologie ou ayant des années d’expérience dans l’enseignement se retrouvent ainsi à la plonge, en cuisine ou au service de la table d’un prélat sans jamais être invitées à sa table…

 La publication de cette enquête est la suite logique des initiatives lancées par le Pape François qui, depuis des mois, fustige le comportement de certains membres de la haute administration vaticane et a engagé une réflexion en vue de reconnaître de plus grandes responsabilités aux femmes dans l’Eglise. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’une part de ce haut clergé masculin fait de la résistance. Cela a d’ailleurs conduit le Pape, au lendemain de la publication de cette enquête, à faire part publiquement de sa préoccupation du fait que « dans l’Eglise elle-même, le rôle du service auquel chaque chrétien est appelé glisse souvent, dans le cas des femmes, vers des rôles de servitude ».

 Bien sûr, ces travers de la haute administration vaticane ne se retrouvent pas dans nos paroisses car nos prêtres ne sont pas de ceux qui se font servir à table. Il n’en demeure pas moins que nous devons nous interroger. D’une part, nos communautés s’appuient sur des laïcs qui entourent les prêtres pour de multiples tâches, et ces laïcs sont en très grande majorité des laïques ! D’autre part, à l’heure où la baisse du nombre de prêtres nécessitera une mobilisation plus grande encore des laïcs, les femmes seront, à l’avenir, appelées à jouer un rôle grandissant dans l’Eglise.

 Cela ne signifie pas confondre les rôles. Mais il faudra bien reconnaître celui qu’elles assument, écouter ce qu’elles ont à dire et reconnaître leurs compétences du bas en haut de la hiérarchie catholique. Inverser en quelque sorte le constat que fait le Pape François pour faire passer les femmes de la servitude au service…

 Non seulement, ce sera faire preuve de réalisme, mais cela enrichira aussi l’Eglise d’une sensibilité  féminine qui lui fait parfois défaut. Cela permettra enfin à l’Eglise de se retrouver de plain-pied dans nos sociétés qui ne comprendraient plus qu’elle demeure figée dans des schémas masculins archaïques. Et ainsi, de mieux faire entendre sa voix sur les sujets touchant à la conception, à la naissance et aux enfants, pour ne citer que ceux-là…

 Bruno Voisin

23/02/2018

Bioéthique : la bataille des mots

    Les Etats généraux de la bioéthique sont lancés. Et nous pouvons dès maintenant y participer en apportant notre contribution sur le site internet ouvert voici quelques jours  par le Comité Consultatif National d’Ethique*. Auparavant, souvenons-nous des débats autour de la loi Taubira, pour éviter certains pièges. En effet, son intitulé officiel était : « loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe ». Et par un tour de passe-passe, elle est devenue « mariage pour tous » pour ne plus faire référence qu’à un principe d’égalité. Pour rendre inaudibles les autres questions posées à ce sujet, il suffisait de n’en poser qu’une : comment refuser aux uns ce qui est accordé aux autres ? Nous connaissons le résultat : un débat tronqué !

    La même dérive est à l’œuvre lorsque l’on parle de « PMA pour toutes ». En effet, la PMA recouvre les techniques médicales permettant à des couples confrontés à une infertilité d’origine pathologique, d’avoir un enfant par implantation d’un ovocyte dans l’utérus de la femme. Or, l’expression « PMA pour toutes », gomme précisément le fait qu’il ne s’agit plus de remédier à une infertilité pathologique, mais à l’impossibilité pour une femme d’avoir un enfant du fait même de l’absence de relations entre elle et un homme, qu’elle soit seule ou en couple avec une autre femme. Outre que l’on assiste au même abus du principe d’égalité, on se demande ce que le terme « médical » vient faire ici puisqu’il n’y a pas de pathologie…

    La GPA procède du même procédé. Le terme de « gestation » relève du vocabulaire technique et, froidement, camoufle le fait qu’il s’agit d’une grossesse, faisant ainsi disparaître la relation qui s’établit entre une mère et l’enfant qu’elle porte. Quoi de mieux pour obtenir d’elle, ensuite, qu’elle le cède à d’autres ? Par ailleurs, en utilisant l’expression « pour autrui », on donne à cette appellation une connotation altruiste qui dissimule un contrat et passe sous silence l’aspect financier et mercantile de l’opération. Enfin, cela évite de parler de deux réalités moins avouables : l’exploitation du corps de la femme et la vente d’enfants !

    Dernier sujet : l’euthanasie. En imposant dans le débat l’expression « droit de mourir dans la dignité », les partisans de l’euthanasie ont réussi à détourner les mots « droit » et « dignité » de leur sens. Rien que ça ! On peut comprendre – sans y adhérer et en le combattant – le fait qu’ils revendiquent pour eux le « droit » de pouvoir choisir sa propre mort. En revanche, le détournement du mot « dignité » relève de la malhonnêteté intellectuelle. En effet, cela insinue que la seule mort digne serait celle qui est choisie, que la souffrance est source d’indignité. Quel mépris pour les personnes qui laissent la mort venir à elles à son heure ! Quel mépris pour les soignants et les proches qui savent les accompagner dans le respect et la tendresse ! Sans compter que c’est enfin ouvrir la porte à d’autres dérives : le suicide assisté pour convenances personnelles, ou l’euthanasie des enfants comme c’est le cas en Belgique. Ou pire encore…

    Défendre une certaine conception de l’humanité, c’est un combat d’idées. C’est donc aussi une bataille de mots !

    Bruno Voisin

 

* A l’adresse suivante : https://etatsgenerauxdelabioethique.fr

23/02/2018

Que faire pour le Carême ?

   Le Carême est un temps privilégié pour se recentrer sur Dieu et sur l’essentiel de nos vies, en particulier par la prière. C’est donc d’abord une invitation à replacer sa vie au cœur de l’amour (amour de soi-même, de son conjoint, de ses enfants). C’est aussi un moment dans l’année pour nous aider à prendre conscience de nos limites et de nos dépendances ou même de nos addictions : ce peut-être l’occasion de demander pardon, d’aller se réconcilier avec telle ou telle personne. C’est enfin un temps pour rejoindre les plus fragiles et les plus pauvres afin de leur redonner une place oubliée : personnes âgées, personnes handicapées…

Ci-dessous quelques propositions qui peuvent vous aider à bien vivre votre Carême

1.    Autour de la Bible…

-     lire l’évangile de Marc (le plus court)

-     lire le livre de Jonas (le plus petit livre de la Bible)

2.    Autour de la prière…

-     prendre 1 minute pour Dieu par jour

-     prier un dizainier par jour (1 Notre Père et 10 Je vous salue Marie)

-     participer à l’eucharistie une fois par semaine

-     Prendre un moment d’adoration le jeudi matin à Forges (entre 8h30-11h00)

3.    Autour de l’aumône…

-     Faire un don à une association caritative

-     Visiter une personne âgée de mon village

4.    Autour de la réconciliation…

-     Prendre des nouvelles d’un ami perdu de vue

-     Apporter des fleurs à mon conjoint ; penser à lui dire « je t’aime »

-     Me réconcilier avec une personne contre laquelle je suis fâché

-     Se confesser (le jeudi de 10h30-10h50) ou le samedi saint

5.    Autour du jeûne…

-     Se priver d’une dépendance quotidienne (tabac, alcool, jeu…)

-     Débrancher mon téléphone à partir de 19h30

-     Se passer de télévision

-     40 jours sans facebook (ou autre réseau !)

etc.

 très bon et très saint Carême à vous !

 

 Père Sébastien +

 

20/02/2018

 Il reste 24 jours, la fin de la collecte est le 16 mars.
Nous sommes 50 jeunes, étudiants et jeunes professionnels, du Diocèse de Rouen. Nous partons en Terre Sainte du 31 juillet au 9 août 2018.

Nous avons tout d’abord besoin de vos prières pour nous aider à mener ce projet à son terme !

Ce pèlerinage est proposé par la pastorale étudiante du diocèse de Rouen.

Tous les jeunes partants souhaitent répondre à l’appel de Jésus :
« Viens, et suis moi » (Mt 19, 20)

et cherchent dès maintenant à le faire ! Grâce à ce beau projet, nous serons affermis dans notre foi et serons plus à même d'évangéliser nos campus.

Depuis la rentrée universitaire, nous préparons notre pèlerinage avec une soirée mensuelle qui nous permet de découvrir peu à peu la Bible.

 

Cet été, nous passerons 10 jours sur les traces du Christ et de ses disciples, à l’écoute de ce qu’Il a à nous dire au plus profond de nos coeurs. Nous commencerons par un temps de silence dans le désert du Néguev, pour découvrir l’Ancien Testament et nous disposer intérieurement à vivre cette belle aventure. Nous gagnerons ensuite la Galilée pour découverte les lieux de la vie publique de Jésus : Nazareth, le lac de Tibériade, le Mont Tabor, Capharnaüm, les lieux des miracles et de l'appel des disciples. Nous monterons enfin à Jérusalem, point culminant de notre pèlerinage, où nous revivrons le Mystère Pascal du Christ.

 

Nous sommes convaincus que ce pèlerinage sur les pas de Jésus va nous transformer profondément et nous aider à grandir dans la foi.

Il est pour cela très important que nous puissions emmener le plus grand nombre de participants. Le prix d'inscription ne doit pas être un frein dans l'évangélisation des jeunes étudiants et professionnels. Pour organiser notre pèlerinage, nous logerons dans des auberges de jeunesse et des maisons religieuses en dortoir, nous ferons nous-même la cuisine, et demandons aux aumôniers de payer leur séjour.

Des actions auprès des paroisses ont été menées : babysittings, déménagements, papiers cadeaux. La chorale Anima a reversé une partie de l'offrande de son concert de Noël pour ce projet.


Aujourd'hui, nous avons besoin de vous. Nous comptons sur votre générosité !

Les fonds récoltés permettront de:

  • payer notre guide (3400€)
    participer aux frais des repas (les trois jours où nous ne pourrons pas faire notre propre cuisine à Jérusalem) 15€/personne/repas,
    payer les frais pour le chauffeur (15€/participant)
    Pour nous aider vous n'avez qu'à faire un don sur notre page Credofunding.

Bon carême !
Je reste à votre disposition si vous avez des questions.

 cordialement,  Thérèse GOHEL

10/02/2018

Les igloos d’infortune et l’indignité

  Au nord de Paris, le long d’un canal, les tentes sont alignées par dizaines, serrées les unes contre les autres. La neige les a transformées en igloos d’infortune. Contre le parapet, leurs occupants tentent de se réchauffer autour d’un maigre feu alimenté par des cagettes récupérées auprès de commerçants du quartier. Ils viennent du Darfour ou d’Afghanistan, d’Erythrée ou du Mali, d’Irak ou du Kurdistan…

  A Calais voilà quelques jours, au cours d’affrontements, vingt deux migrants ont été blessés dont quatre grièvement. Faut-il n’y voir qu’un règlement de comptes entre communautés comme l’affirment les autorités ? Ou est-ce la conséquence de l’extrême tension suscitée à la fois par le racket des réseaux de passeurs et par le harcèlement des forces de l’ordre à l’égard des migrants ? Un harcèlement qui se traduit par la destruction systématique des campements, des bâches et des couvertures de survie distribuées par les associations, notamment le Secours Catholique, mais aussi par des opérations visant à empêcher la distribution de repas.

  Face à ces situations, nous pouvons débattre à l’infini de la politique migratoire que devrait ou ne devrait pas suivre le gouvernement, sur l’accueil de migrants dans l’Union européenne et notre pays. Mais vouloir limiter les flux migratoires est une chose. Prendre en compte la réalité en est une autre.

  La réalité aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, ce sont des flux que rien n’arrête, ni le désert et la soif, ni la mer et les risques de naufrage et de mort, ni le froid, la neige et les montagnes. C’est une volonté irrépressible de bâtir une vie ailleurs que dans des pays de guerre et de misère. La réalité, aujourd’hui, ce sont entre 500 et 800 migrants bloqués à Calais et le refus de la Grande Bretagne de prendre sa part du fardeau autrement qu’en livrant des kilomètres de barbelés supplémentaires pour « sécuriser » cette zone. Et, au final, ce sont des conditions de vie indignes imposées à ces hommes, à ces femmes, à ces enfants.

 Il y a une sorte d’hypocrisie des pouvoirs publics qui sous-traitent aux associations la survie de ces migrants mais, dans le même temps, confisquent et détruisent  les moyens qu’elles y consacrent. Des pouvoirs publics qui, devant micros et caméras, les accusent d’attirer dans une impasse ces damnés de la terre et, dans le même temps, omettent de combattre les réseaux de passeurs avec la même énergie ! 

 Bien sûr, il y a les règles du droit d’asile. Bien sûr, on peut toujours tenter d’opérer une distinction entre ceux qui fuient la guerre ou les persécutions et ceux qui fuient la faim et la misère. Mais quoi qu’on pense de l’arrivée de ces personnes venues d’horizons et de cultures si éloignés des nôtres, ne peut-on revenir à de simples sentiments d’humanité ? Ne peut-on placer la dignité et le devoir de solidarité au-dessus de toute autre exigence ?

  Voilà quelques décennies, avait été instaurée la trêve hivernale qui interdit d’expulser de son domicile, avant la fin de l’hiver, une personne qui n’aurait pas payé son loyer. A quand la trêve hivernale pour ceux qui ont fui l’enfer de leur quotidien et que l’on condamne, chez nous, à un nouvel enfer ?

 Bruno Voisin

08/02/2018

Pauvre père ?

             « Pauvre père, il n'aura pas profité de sa retraite ! » J'ai entendu à plusieurs reprises avec un certain étonnement cette phrase prononcée par tel ou tel paroissien après qu'il a appris la mort du père Pierre Didon, ancien curé de Buchy.

 

Dans notre logique contemporaine, cette exclamation désolée est pleine de vérité et porte en elle-même un soupçon de révolte face à ce qui pourrait être perçu comme une injustice. En effet, voilà un homme ordonné prêtre à 29 ans, qui a servi l'église et les paroisses auxquelles il a été envoyé pendant 51 ans et qui, au moment de partir en retraite, déclare une maladie foudroyante qui le terrasse en quelques mois. Alors qu'il aurait pu bénéficier de quelques années de quiétude, voire même de repos, tout en rendant d'ailleurs quelques services (ce qui n'aurait pas été pour nous déplaire), la mort semblait l'attendre au tournant pour le priver de ce paradis terrestre, avant goût de celui du ciel.

S'il en est ainsi dans la logique de ce monde, il n'en va pas de même dans la logique du Royaume. J'ai bien conscience que c'est un prêtre relativement jeune qui parle, après à peine plus d'une décennie d’exercice du ministère ; ce dernier ne m'a pas encore usé jusqu'à la corde, et les paroles qui vont suivre sont peut-être plus empreintes de sagesse que de réalisme. Cependant, dans la logique du Royaume, la question n'est pas de profiter ou non d’une retraite, après une vie de dur labeur salarié. Non, la vie d'un prêtre est une vie donnée, offerte au service de l’Évangile. Elle est donnée quoi qu'il arrive. Le ministère presbytéral n’est pas à penser comme un métier à exercer qui donnerait droit à un certain nombre de trimestres à capitaliser en vue d’un espace futur que je pourrais combler comme je le voudrais. Cet espace que nous construisons comme nous le voulons, c’est tout au long de notre vie de prêtre qu’il se déploie ; point n’est besoin d’attendre la retraite pour cela. Bien sûr, cela n’exclut pas des passages difficiles où l’on murmure en son for interne : « vivement que je sois dégagé de ces obligations paroissiales », comme un salarié parfois se dit « vivement la retraite ». Cela ne laisse pas de côté ces moments de découragement où le prêtre se dit : « j’aurais mieux fait d’être garagiste ou facteur ». Mais au plus profond de nous, au lieu même où se situe l’engagement au mariage pour de nombreux couples, plus profondément que le lieu où se situe notre simple devoir, il y a un amour profond pour le Christ, sa Parole de feu et la puissance de sa résurrection dont nous avons fait l’expérience. Certes, cela exige quelques frustrations aux yeux du monde et ce qu’on appelle improprement des sacrifices. Mais cela appelle à un sacrifice plus grand, au sens propre du terme, c'est-à-dire faire de sa vie une offrande joyeuse au nom de l’Amour de Dieu.

Pauvre père ? Non, je ne le crois pas. Pierre était un serviteur qui, comme il le disait lui-même a peut-être été trop serviteur du Christ et pas assez ami. Mais un serviteur heureux de servir le Christ et l’Église par toute sa vie.

Il n’aura pas profité de sa retraite ? Qu’importe ! Il aura profité de la présence de son ami, le Christ, vivant dans son Église tout au long de son ministère presbytéral. Je ne crois pas qu’il se désole, au Ciel, de la mort qui lui ouvre ainsi les portes du Royaume.

Encore une fois, c’est avec la folie de mes 46 ans que j’écris ces lignes ; la manière dont Pierre aura vécu son ministère jusqu’au bout reste pour moi un exemple. Je compte sur sa prière en Christ pour me conduire sur le chemin de fidélité et d’amour qu’il a suivi jusqu’au bout, afin que ces quelques mots écrits facilement continuent à s’inscrire chaque jour davantage dans mes actes.

 Père Sébastien

 

27/01/2018

La démocratie et l’intérêt général enterrés à Notre Dame des Landes ?

   Cela n’avait que trop duré. Et force est de reconnaître que quelle qu’ait été la décision du gouvernement au sujet du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, elle ne pouvait que satisfaire les uns et mécontenter les autres. Sans oublier l’immense gâchis d’énergies et d’argent public que cela a suscité, il nous faut en tirer les leçons pour notre démocratie et notre conception de l’intérêt général qui en sortent pour le moins ébranlées.

   Les élus de la région et du département se croyaient légitimes pour concevoir un grand projet d’aménagement porteur d’avenir pour le développement économique de leur territoire. Il est vrai que cela est de leur ressort. Mais la démocratie représentative a ici trouvé ses limites ! Les électeurs de Loire - Atlantique consultés dans une sorte de référendum organisé à la demande d’un Président en mal d’autorité se croyaient fondés à approuver le projet. Mais une fois connu le verdict des urnes, le gouvernement de l’époque n’en a tenu aucun compte, mettant en doute les bienfaits de la démocratie directe !

   Le gouvernement actuel devait donc rebattre les cartes. Et l’on peut regretter qu’il ait donné raison à des opposants n’ayant aucune légitimité démocratique et ayant tout fait pour bloquer la réalisation de ce projet jusqu’à l’occupation illégale d’un espace transformé en zone de non-droit. Ce faisant, il a donné du crédit à ceux qui veulent imposer leur conception de l’intérêt général par la force à défaut de savoir la partager.

   Cette affaire est emblématique de quelques uns des maux de la société française : impuissance de l’Etat ; incapacité à établir un dialogue entre des élus légitimes et des opposants irréductibles ; inadaptation des procédures d’enquête d’utilité publique sur les grands projets d’aménagement du territoire ; difficulté à prendre en compte l’exigence de défense de l’environnement ; procédures judiciaires utilisées non pour dire le droit mais pour gagner du temps ; absence de culture du compromis…

   Nos institutions, nos autorités judiciaires ont été ainsi prises en otage par ceux qui, de part et d’autre, étaient animés moins par le souci d’écouter et de comprendre d’autres points de vue que par la volonté d’imposer leur opinion. Car dans cette affaire, depuis des années, la question de l’objectif poursuivi - le développement économique d’une région - a été occultée au profit d’une seule question portant sur l’un des moyens de ce développement. Ainsi, à défaut d’un consensus sur l’objectif, à défaut de débattre pour faire émerger d’autres modalités et d’autres moyens pour ce développement, nous sommes parvenus au point où des minoritaires n’ont cessé de refuser de se plier aux règles de la démocratie comme aux décisions de justice.

  Accepter le dialogue, comprendre que l’intérêt général n’est pas une somme d’intérêts particuliers qui s’opposent à d’autres intérêts, concevoir de nouveaux modes d’élaboration de l’intérêt général pour nos territoires, voilà une réflexion à laquelle élus et associations doivent s’atteler. Faute de quoi, les crispations l’emporteront et les dérives constatées à Notre Dame des Landes se répéteront ailleurs mettant en cause le bon fonctionnement de notre vie démocratique.

 Bruno Voisin

18/01/2018

Bioéthique : à nous de jouer !

Les dés seraient-ils jetés ? Ce 18 janvier, ont été lancés les Etats généraux de la bioéthique, processus de consultation qui devrait se conclure à l’automne prochain par le dépôt du projet de loi de révision des lois de bioéthique. Le 3 janvier dernier, La Croix publiait un sondage révélant qu’une grande majorité de Français souhaitait une évolution en profondeur de la législation. La facilité pour nos gouvernants et le législateur serait donc de suivre une opinion publique favorable à la PMA pour toutes les femmes (60% des Français), à la GPA (64%) et à l’euthanasie et au suicide assisté (89%)…

  Pas si simple pourtant ! D’abord parce que la loi sur le mariage de personnes de même sexe a laissé de profondes blessures que le Président de la République n’a pas envie de rouvrir. Ensuite parce que sur des sujets aussi délicats, l’expérience montre que l’opinion publique, sujette à l’émotion que peuvent susciter certaines histoires personnelles, reste ouverte à une réflexion approfondie, pour peu que l’on sache lui en présenter les enjeux et la traiter en adulte. Enfin, parce que si l’on parvient à en débattre dans l’écoute des opinions contradictoires et dans le respect des personnes et des souffrances qu’elles peuvent exprimer, un point d’équilibre peut être trouvé, comme cela avait été le cas pour la loi Claeys-Léonetti actuellement en vigueur pour la fin de vie.

  Les résultats du sondage publié par La Croix montrent que les français seraient acquis à une forme d’individualisme et de libéralisme sociétal. Ce qui pourrait se résumer en un principe formulé ainsi : « pourquoi ne pas accorder un droit qui ne retire rien à personne ? », chacun étant libre de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. De ce point de vue, la forte demande d’une légalisation du suicide assisté (en l’absence de maladie incurable et de souffrances, et au motif que l’on souhaite éviter les dégradations dues au grand âge) exprime cet individualisme exacerbé. Tout cela montre combien tout discours moralisateur serait inefficace dans ce débat.

  En revanche, et si l’on veut qu’ils soient utiles, ces débats devront permettre de s’interroger sur le désir profond de parentalité (le droit à l’enfant et ses limites face au droit de l’enfant) ; de réaffirmer l’attention aux plus vulnérables (l’enfant, la personne en fin de vie…) ; de souligner la dignité de la personne humaine, y compris dans la dépendance ; de rappeler la pertinence, pour ces sujets qui touchent au plus profond de l’homme, du principe de précaution si aisément invoqué pour les questions environnementales ou de santé publique…

  Les techniques ont considérablement bouleversé les perspectives car elles ont repoussé les frontières de l’impossible. Ce faisant, elles ont brouillé la conception de l’homme et de la vie qu’ont nos contemporains. Cela nous conduit à un point où notre société peut basculer vers plus ou vers moins d’humanité. A nous de savoir peser dans les choix qui seront faits en relevant le défi de ces Etats généraux de la bioéthique ! *

 Bruno Voisin

 * La manière la plus simple sera d’intervenir sur les forums qui seront ouverts sur internet par le Comité National Consultatif d’Ethique à partir de la fin janvier.

11/01/2018

Sex and the city

La révolution sexuelle des années 70, qui s’est traduite par la dépénalisation puis la légalisation de l’avortement, l’usage devenu courant de la pilule ou des autres contraceptifs, tout ce qui pouvait permettre le libéralisme sexuel, semble trouver aujourd'hui l’expression de sa limite. Ces derniers temps en effet, notre pays a été bousculé par plusieurs affaires relatives à la sexualité qui suscitent indignations, réactions outrées et des réponses que l’on peut juger parfois maladroites. Je pense ici au dossier Weinstein et à ses conséquences planétaires, mais aussi à quelques récentes affaires judiciaires qui ont révélé des actes sexuels sur mineurs, dont un impliquant une fillette de 11 ans, qui ont innocenté les partenaires sexuels en raison du consentement des jeunes plaignants au moment des faits. Ajoutons à ceci la protestation véhémente de l’avocate d’une femen qui avait manifesté poitrine nue, sa cliente ayant été condamnée pour exhibition. Notons en outre que l’érotisation de notre société influe nécessairement sur les comportements et sur la manière dont l’un et l’autre sexes peuvent se considérer mutuellement. Par exemple, une des injures à la mode il y a deux ans dans les cours de récréation d’école était une référence au site pornographique « Jacquie et Michel ». Comme de fait, un article du Figaro mercredi dernier révélait l’augmentation des violences sexuelles entre enfants (y compris en classe de maternelle). De la même manière, les films ou vidéos, vitrine de notre civilisation, diffusés mondialement grâce à internet, laissent à penser que les femmes (ou les hommes) d’occident sont réellement ce que ces médias en laissent paraître.

  Si ces faits plus ou moins divers posent la question fondamentale du rapport de notre société à la sexualité, la manière dont elle la formule peut laisser perplexe. La principale en est : « faut-il définir une majorité sexuelle (autrement dit, à partir de quel âge peut-on être jugé consentant)? » Encore une fois, une question anthropologique d’importance risque d’être réduite à une simple question législative. Déjà, sur un plan purement scolaire, la sexualité est abordée de manière technique par des réponses techniques (les organes génitaux, la contraception…) ; la question de l’affectivité, qui devrait pourtant être au cœur de la réflexion sur la sexualité, elle, n’est pas abordée. La sexualité, dans le domaine de l’enseignement, se trouve ainsi largement déconnectée de sa dimension amoureuse et affective. Alors, faut-il agir de la même manière sur le plan sociétal, c’est-à-dire établir un âge légal avant lequel on estimerait que le consentement au rapport sexuel ne pourrait être reconnu et, le lendemain de l’anniversaire, il serait validé ? Ne serait-ce pas traiter la sexualité de la même manière qu’une DLU ? La vraie question ne serait-elle pas plutôt : quelle éducation à la sexualité devrait être véhiculée par notre société, par l’éducation nationale et par nos familles ?

 

A force de considérer la sexualité uniquement comme lieu de plaisir, à force de la considérer comme une dimension purement personnelle, à force de ne l’envisager que sur un aspect technique en laissant de côté sa dimension amoureuse et affective et tout ce qu’elle implique sur un plan relationnel (l’intrusion dans l’intimité d’un autre, tout de même !), nous pourrons bien écrire des lois pour dire qu’à 15 ans une personne sera estimée comme consentante lorsqu’elle offrira son intimité à un garçon ou à une fille ; cela ne résoudra ni les blessures affectives, psychologiques et relationnelles que ces actes, déterminés pour être l’expression d’une grande et belle dimension de l’homme, laisseront à ceux à qui nous les aurons livrés en omettant de leur en délivrer le sens.

 

Père Sébastien

28/11/2017

TU AIMES CHANTER ?  Rejoins le groupe

Objectif : un concert pour Pâques

 Prochaine  rencontre le vendredi 19 janvier à 17h30  salle paroissiale de Forges

 Contact : Julien Hamel  06 79 60 38 72

28/11/2017

Camp d’hiver collégiens du 3 au 10 mars et des lycéens du 3 au 9 mars dans le jura, vous pouvez appeler la paroisse de Forges pour réserver votre inscription dès maintenant afin que nous puissions organiser le séjour. (30 places avec animateurs)

06/04/2017

LE DENIER DE L’EGLISE, NOTRE AFFAIRE A TOUS…

 Pourquoi l’Église réclame-t-elle de l’argent ?

1. n’oublions jamais que l’Église, c’est nous ! Nous, les baptisés, qui appartenons à une communauté. L’argent que nous donnons est d’abord l’argent pour que vive notre communauté. L’Église ne réclame pas d’argent, c’est à chaque baptisé d’apporter sa contribution pour que l’Église vive.

2. Comme tout société met la clef sous la porte lorsque les caisses sont vides, il en va de même pour une communauté paroissiale : si elle n’a pas les moyens suffisants, le secrétariat ferme, les églises cessent d’être chauffées, etc., et la communauté est obligée de demander l’aide financière d’autres communautés paroissiales.

3. Notre paroisse ne touche aucune subvention que ce soit des mairies ou de l’État : nous dépendons uniquement des dons qui nous sont faits.

 Les quêtes, ça ne suffit pas ?

Non, les quêtes ne suffisent pas…

1. Une quête de baptême rapporte moins de 50 euros. L’offrande demandée pour un baptême est de 60 euros minimum (nous ne les recevons pas toujours…). Sachant qu’un baptême coûte à la paroisse au minimum 130 €…

2. De la même façon, un mariage coûte à la paroisse plus de 400 € ; l’offrande demandée et la quête nous rapportent 250 €

3. Les quêtes du dimanche ont rapporté en 2016 22.305 € ; en 2006, elles rapportaient 33.167€… Nous avons perdu près de 10.000 € en 10 ans !

 Quel est le budget de notre paroisse ?

1. En 2015, le budget de notre paroisse était de 145.800 €

2. notre paroisse verse 35% des recettes ordinaires à l’évêché pour que vivent les services diocésains ; en 2016, cela représente 42.850 €.

 A quoi sert le denier ?

Le denier sert à payer les charges salariales et le traitement du prêtre.

1. Charges salariales (secrétaire + femme de ménage) = 27.800 € en 2016

2. Traitement et frais du prêtre (déplacements) = 27.250 € en 2016

3. Denier reversé à la paroisse en 2016 = 27530 € soit 50% de la charge salariale

 Combien y a-t-il de donateurs ?

En 2006 : 598 donateurs

En 2016 : 363 donateurs… nous avons perdu 240 donateurs

En 2015, le donateur le plus âgé était né en 1919 et le plus jeune en 1971… les jeunes, les parents d’enfants au catéchisme, les couples qui se préparent au mariage ou qui demandent le baptême sont largement absents

 

Nous savons bien que les temps sont difficiles pour tous. Croyez bien que nous nous efforçons de gérer au mieux l’argent que vous nous confiez. En 2016, notre paroisse a accusé un déficit de 900 €. Il nous importe que chaque baptisé prenne ses responsabilités pour faire vivre l’Église. Seulement 363 baptisés sur 12000 habitants participent au denier. C’est avec l’aide de tous que nous pourrons continuer à assurer la vie paroissiale. J’espère que vous êtes heureux et fiers d’être chrétiens ; votre communauté chrétienne ne pourra pas vivre sans vous.

Père Sébastien

Écrire à M. l'Abbé Sébastien Savarin : paroisseforgesleseaux@orange.fr  |  Accueil, horaires, permanences : cliquez ICI


Conférence des Évêques de FranceDiocèse de RouenPastorale des Jeunes de RouenRadios Chrétiennes Francophones
Une réalisation CREATOOWEB - © 2011 - Tous droits réservés - Mentions légales
Site conçu pour Internet Explorer 6+, Firefox 2+, Chrome 1+, Safari 1+, Opéra 1+ (avec Javascript activé) Résolution mini 800x600, optimale 1024x768